• Complainte du barde

    Complainte du barde

       Rien. Il ne reste rien. Où sont passés nos songes éphémères ? La peste a emporté ta mère, je n'ai rien pu faire, je suis navré. Navré de te laisser grandir sans cet amour maternel, le doux nectar essentiel qui régit notre monde. Tu étais la prunelle de ses yeux. Elle te ressemblait, tu le savais ? J'ignore comment t'élever, je suis perdu, abandonné, je suis mis à nu. Nous avions une promesse, celle de te protéger, même si l'un de nous deux devrait y succomber ou te laisser goûter à la vie sans être à tes côtés. C'est ce que ta mère a choisi, nous laisser fuir un combat perdu d'avance, ces maux sombres, ces maladies qui t'ont privé de ton foyer.

       Notre maison, notre petit cocon, ne restera plus qu'une vieille chanson. Comment un barde mal aimé pourrait-il réaliser tes rêves ? Cela fait trois années que j'erre de taverne en taverne, sans connaître de trêves. Tu es ma muse, ma Melpomène. Que j'use mes vers, quoi que j'en advienne, la tragédie sera mienne, le vie tienne. Voles, voles mon amour.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 16 Avril à 21:55

    C'est un beau texte très touchant, une belle poésie.

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