• Textes

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    «Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.»
                                                                                                                                                                    Arthur Raimbaud

  • Réalité sylvestre - Contes septentrionaux
       Je vous présente le deuxième texte, ou plus précisément le deuxième incipit, des Contes septentrionaux, et cette fois-ci il sera plus long. L'histoire a débuté il y a deux ans, mais ne sort qu'aujourd'hui en prenant une nouvelle tournure plus dramatique.

        La lumière se reflétait sur la surface chatoyante de l'eau. On pouvait y apercevoir les pétales écarlates parsemés par la brise légère du printemps. Le ciel se couvrit de son manteau pourpre, peu à peu la fraîcheur s'installait dans la vallée.
       Andrea, le jeune renardeau, décida de sortir de son terrier afin d'explorer le monde coloré qui était enfin à sa portée. Ses petites pattes rousses se posèrent sur le sol encore humide, il entendait le bruissement des feuilles du chêne qui surplombait sa demeure, c'était un véritable petit tableau nocturne idyllique. Le renardeau s'enfonça peu à peu dans la forêt, découvrant mille et une sensations qui n'existaient pas dans le terrier en compagnie de sa mère. Pourquoi ne pouvait-il pas y sortir ? La forêt était si belle. La lune illuminait le sentier de fortune bordant le ruisseau étincelant, la lumière et l'obscurité jouaient inlassablement sous les yeux d'Andrea tandis qu'il continuait d'avancer.

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  • Quelque part, sous l'eau

       Me revoici avec un nouveau jet, un petit incipit assez rapide dont j'ignore s'il aura une suite. Probablement pas. *basileus (singulier masculin nominatif) / basileis (pluriel masculin nominatif) : terme provenant du grec ancien désignant un roi.

       Un petit poisson d'émeraude ondoyait par-delà les écumes septentrionales de la Baltique, lorsque l'aube entra dans sa léthargie traditionnelle, il décida de s'arrêter non loin d'un antre glacé, formé par d'antiques fjords. C'était une véritable merveille naturelle les reflets valsaient dans une courbe irisée verdoyante, passant d'un ocre chaud à un bleuté profond et froid. La voûte formait une étrange caverne aquatique qui s'enfonçait peu à peu dans les terres enneigées de la contrée. Cependant, le petit être n'y prêtait pas attention, en effet, celui-ci accaparé par une affaire urgente, devait avant tout chose se cacher des puissants, ces puissants *basileis des mers nordiques recherchaient une denrée sacrée, un joyau vivant. Le petit poisson connaissait les risques d'un tel voyage en possession du trésor, son avenir était trouble. Une ombre imposante passa au dessus de lui, un roi, un *basileus, tentait de retrouver sa trace. Il devait rester dans sa minuscule crevasse sombre. Une heure, deux heures, trois heures s'écoulèrent dans la caverne, tandis que la pluie drue frappaient contre les parois supérieures. Il ne pouvait pas en sortir, comment protéger son précieux chargement ? Ce n'est qu'au crépuscule que le poisson d'émeraude sorti de sa cachette de fortune, ainsi il serait dissimulé par la lumière nocturne de la Baltique, nageant parmi la faune et la flore aquatique. C'est alors que commença son premier et dernier voyage, annonçant la fin d'une ère.


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  • Parc Kruger, poème

       Ceci était un exercice scolaire qui commence à dater, venu tout droit de l'esprit détraqué de notre professeur de littérature de khâgne (et c'était un bon jour !). Il fallait réutiliser les mots d'un article pour composer un poème. À lire sur l'air de Michel Sardou, Les Lacs du Connemara.

    Nuit foncée mêlant
    Feux et clairières

    Ce matin-là
    En y repensant
    De sa première
    Résistance vers moi

    Des nuages en bois
    Qui tombent de douleur
    Le groupe de rangers
    A connu la peur
    Voici le parc de Kruger
    Et les Black Mambas

    En Novembre dernier
    Au temps des nouvelles
    Et naturelles
    Un feu j'ai senti
    Le matin qui veille
    Sur cette réserve

    Je n'avais jamais
    Vu auparavant
    Des braconniers
    Camps abandonnés
    Et du gaz poivré

    Je n'avais jamais
    Vécu cette odeur
    Les yeux de fierté
    Le jeune aveugle
    Avec stupeur
    Devint ranger

    Je n'avais jamais
    Pu les attraper
    Ni les menotter
    Le jeune s'est emparé
    S'est armé
    Et chargea

    Là-bas, Belinda Mzimba
    Un souvenir d'un ranger
    Là-bas, Belinda Mzimba
    En Afrique du Sud
    Elle patrouilla
    Dans la réserve de Kruger


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  • Les évolutions du corps en histoire de l'art Dissertation vieille d'un an à partir de ce sujet donné en Histoire de l'art :

    "En vous appuyant sur des œuvres d'artistes de votre choix, montrez quelles ont été , selon vous, les grandes évolutions de la représentation du corps dans l'Histoire de l'art. " 

       La représentation du corps apparaît dès la préhistoire aux alentours de -10 000, dès lors, le corps devient un sujet primordial. Sa représentation est tout d'abord archaïque et peu réaliste, généralement, elle met en scène des chasseurs comme les pétroglyphes trouvés en Espagne, ou encore un dieu ou une allégorie telle la statue de Willendorf taillée grossièrement dans de la pierre symbolisant la fécondité. Dans l'histoire, la représentation du corps humain est étroitement liée à la société de son temps, elle en montre ses coutumes, ses mœurs et son avancée dans la connaissance du savoir faire technique. Dans un premier temps, nous étudierons l'évolution des canons esthétiques antiques jusqu'à son déclin au Moyen-Âge. Dans un deuxième temps, nous analyserons le commencement d'une nouvelle vision du corps qui entraînera peu à peu à une déformation corporelle. Enfin, nous montrerons la modernité du corps humain qui se transforme non seulement dans l'art pictural, mais également dans un art plus corporel et charnel où le corps même de l'artiste est modifié.

     

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  • Complainte du barde

       Rien. Il ne reste rien. Où sont passés nos songes éphémères ? La peste a emporté ta mère, je n'ai rien pu faire, je suis navré. Navré de te laisser grandir sans cet amour maternel, le doux nectar essentiel qui régit notre monde. Tu étais la prunelle de ses yeux. Elle te ressemblait, tu le savais ? J'ignore comment t'élever, je suis perdu, abandonné, je suis mis à nu. Nous avions une promesse, celle de te protéger, même si l'un de nous deux devrait y succomber ou te laisser goûter à la vie sans être à tes côtés. C'est ce que ta mère a choisi, nous laisser fuir un combat perdu d'avance, ces maux sombres, ces maladies qui t'ont privé de ton foyer.

       Notre maison, notre petit cocon, ne restera plus qu'une vieille chanson. Comment un barde mal aimé pourrait-il réaliser tes rêves ? Cela fait trois années que j'erre de taverne en taverne, sans connaître de trêves. Tu es ma muse, ma Melpomène. Que j'use mes vers, quoi que j'en advienne, la tragédie sera mienne, le vie tienne. Voles, voles mon amour.


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